Le petit lieutenant
La police française est souvent à l'honneur à la TV grace aux feuilletons insipides et glorificateurs de TF1. Les héros récurrents qu'affectionnent les téléspectateurs au cerveau récurré par le discours sécuritaires enrobé de sentimentalisme douteux, n'ont dieu merci pas franchi les écrans des salles obscures. Leurs spectateurs, si. Se rendre en pleine semaine, un après-midi, au cinéma voir le film de Xavier Beauvois vous plonge dans un monde étrange: une salle bondée de retraités bon teint, volontiers réactifs aux différentes scènes du film. Indignés, quand un agent de la force publique est en difficulté ou jouisseurs hargneux quand un" méchant" est rossé.
Et le film, alors? Une plongée au plus près dans un comisssariat et au coeur d'une enquête ordinaire. Ne cherchez pas une intrigue complexe et habile, des personnages hors-norme et de l'action et du rebondissement. Ici on est en pleine chronique sociale. On décompose les moindres gestes des protagonistes, on les fime dans les moments les plus quotidiens de leur existence personnelle ou professionnelle. Et surtout on s'intéresse à leurs failles. Le petit lieutenant vaut avant tout pour les deux magnifiques portraits que fait le réalisateur d'une femme sans illusions qu'un passé trop lourd continue d'écraser et d'un jeune homme idéaliste et trop naïf qui est en flagrant décalage avec le monde qui l'entoure.Deux portraits de flics que tout sépare mais dont les destins seront finalement liés Un film profond donc, avec un bémol cependant. On reste dans une fin classique où le coupable est puni, avec une différence notable d'avec la plupart des productions du genre: nulle gloriole ou discours grandiloquent mais la persistance d'un malaise au delà de la résolution du crime. Car une violence légitime n'efface pas la violence gratuite. Leurs effets se cumulent plutôt qu'ils ne s'annulent. Ici, la victoire du bien ne vient pas rétablir la balance.
Dans le contexte actuel un regard plus fin et réaliste sur une profession sensible est le bienvenu.
Ma note: 7/10
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